Communiqué de presse / Press Release

Montréal, le 30 octobre 2018 – Aujourd’hui, inquiétés par la multiplication des attaques gouvernementales contre les personnes à l’aide sociale, des membres de la communauté se sont rassemblés pour demander au ministre Jean Boulet de combattre la pauvreté, au lieu de s’acharner contre les personnes qui la vivent.

« Dans les cinq dernières années, les gouvernements Marois et Couillard ont exécuté de nombreux assauts dans notre système d’aide sociale, avec pas moins de sept coupures, » dit Sheetal Pathak, organisatrice communautaire au Projet Genèse. « Nous demandons au nouveau ministre du Travail, de l’Emploi, et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, de nous montrer qu’il est capable de faire mieux, et d’arrêter d’attaquer les personnes pauvres. »

Le chèque de base d’une personne seule est de 648 $ par mois, un montant manifestement insuffisant pour payer, entre autres, le loyer, le chauffage et la nourriture. « Souvent, les gens pensent que l’aide sociale, c’est le luxe. Mais, en réalité, notre gouvernement impose un budget impossible aux prestataires et détient même plusieurs moyens pour réduire le montant. Si, par exemple, un proche essaie de les aider en payant la facture d’Hydro, ce montant sera déduit dollar pour dollar du prochain chèque », explique Pathak.

Les conférenciers ont souligné les différentes coupures additionnelles qu’ont subies les personnes à l’aide sociale dans les dernières années.  En 2013, le gouvernement Marois a exclu les personnes âgées de 55 à 58 ans de la catégorie Contraintes temporaires à l’emploi—leur privant ainsi de 134 $ par mois. Les couples avec des enfants préscolaires ont aussi été retirés de cette catégorie—une coupure de 231 $ par mois par ménage.

En août 2014, le gouvernement Couillard a coupé le 500 $ qui était disponible sous forme de Supplément de retour au travail pour les prestataires qui ont obtenu un emploi.  Dès 2015, les personnes à l’aide sociale n’ont plus de droit de sortir de Québec pour plus de 7 jours consécutifs par mois sans perdre leur admissibilité au programme. La même année, 125 $ par mois ont été retirés des chèques de plusieurs personnes recevant l’aide sociale qui vivaient avec plus d’un colocataire. La part du loyer des colocataires est dorénavant considérée comme revenu du prestataire, même si ce dernier n’a jamais touché cet argent. Au même moment, les participants des programmes de traitement de la toxicomanie avec hébergement ont aussi vu leurs chèques amputés, ce qui a amené plusieurs à renoncer à la détoxification.

Ensuite en 2016, le gouvernement Couillard a annoncé le programme Objectif Emploi qui oblige les primodemandeurs à participer aux programmes de formation sous peine de coupures importantes à leur chèque. En fait, la loi a dû être modifiée pour permettre ces coupures historiques au chèque d’aide sociale. Aujourd’hui, une personne peut voir son chèque d’aide sociale coupé jusqu’à 324 $ par mois.

Ces coupures compromettent la capacité de survie des personnes qui les subissent. Arié Moyal a témoigné de l’impact des politiques d’aide sociale. « Si tu es à l’aide sociale, c’est que tu traverses un moment difficile dans ta vie. L’aide sociale est censée être un filet de sécurité. C’est comme si le gouvernement alignait des pics sur le filet de sécurité. »

Les personnes rassemblées devant le bureau du ministre Jean Boulet veulent défendre les droits des prestataires de l’aide sociale. Elles demandent que le ministre retire ces politiques régressives qui s’attaquent au peu qu’ont les personnes pauvres sans s’adresser aux causes réelles de la pauvreté.  « Nous serons de retour », a déclaré Pathak. « Le mauvais traitement des personnes les plus vulnérables de notre société est un sujet de grande importance que nous ne pouvons laisser aller ».

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Pour plus d’information: Sheetal Pathak, Projet Genèse: 514-738-2036 poste 402

Combattez la pauvreté, non les personnes qui la vivent