Notre travail d’organisation communautaire de lutte contre la pauvreté se base sur la perspective que toute personne devrait avoir les moyens financiers pour vivre décemment.

Semaine après semaine, nous pouvons constater les effets de la pauvreté et de l’extrême pauvreté chez les personnes qui utilisent les services individuels de Projet Genèse. Nous croyons que personne ne devrait être forcé de vivre en situation de pauvreté, encore moins dans une société riche comme la nôtre.

Nous travaillons sur les causes structurelles de la pauvreté dans notre communauté par la mobilisation des acteurs de la communauté, des campagnes de conscientisation, des interactions avec les fonctionnaires et les élu-es ainsi que par notre participation dans diverses coalitions.

Notre Comité anti-pauvreté fonctionne grâce à la participation des résidents du quartier qui s’impliquent bénévolement en apportant leur savoir-faire et leurs expériences.

Notre Groupe dignité, support et action (DSA) est constitué de personnes qui veulent agir collectivement sur les enjeux liés à la pauvreté suite à une expérience avec le système d’aide sociale.

Le comité anti-pauvreté

Notre Comité anti-pauvreté rassemble des personnes avec des expériences diverses mais qui partagent la conviction qu’il faut éliminer les causes structurelles de la pauvreté dans notre société.

Nous apprenons sur ces questions, partageons nos opinions et expériences et passons à l’action. Nous prenons part à des campagnes de conscientisation, nous présentons des idées constructives de changement à nos élu-es et nous nous joignons à d’autres coalitions de groupes communautaires à travers la province.

Vous voulez participer?

Vous êtes affecté-es par l’insuffisance des prestations d’aide sociale, par le coût du transport en commun et des factures d’Hydro-Québec? Vous voulez joindre notre comité? N’hésitez pas à nous contacter! Laissez votre nom en cliquant sur la boîte ci-dessous!

Nos dossiers de travail

Augmenter les montants des prestations d’aide sociale

Les prestations d’aide financière de dernier recours doivent être augmentées pour permettre aux prestataires de vivre avec dignité. Les montants actuels des prestations ne permettent pas de couvrir leurs besoins essentiels.

En 2013, les personnes recevant le barème le plus bas à l’aide sociale, soit 604$ par mois, ne reçoivent pas assez pour combler même la moitié de ces besoins selon les données rendues disponibles par le gouvernement du Québec.

Toutes catégories confondues, toutes les personnes assistées sociales au Québec vivent de manière précaire bien en deçà des seuils de pauvreté, peinant à payer leur loyer, l’épicerie, le chauffage et autres dépenses nécessaires.

Combat poverty, not the poorLes membres du Groupe dignité, support et action de Projet Genèse sont très impliqués dans l’organisation et l’animation de divers rassemblements publics, lettres ouvertes et activités educatives afin de faire connaître la situation financière difficile des prestataires et d’obtenir une amélioration de leurs revenus.

Pour obtenir des changements, nous déconstruisons les préjugés négatifs qui existent envers les personnes assistées sociales.  Ainsi, nos membres et bénévoles participent à diverses activités de sensibilisation passant par des moyens créatifs : une émission de radio à CKUT, une exposition de photo itinérante dans notre quartier, etc.


Aissatou

« Je trouve que tout mon travail dans le Comité anti-pauvreté est inspirant et enrichissant, mais je n’oublierai jamais notre jeu de serpents et échelles qu met en lumière le cercle vicieux qu’est la vie sur l’aide sociale. Peu importe ce qu’une personne fait, son revenu à la fin du mois est insuffisant. Lorsque nous avons fait notre présentation devant le public, l’intérêt des gens était très vif et ils étaient très accrochés.

Au sein de notre comité, nous continuons à travailler vers une solution et je crois qu’elle existe bel et bien. Nous devons nous assurer que les gens soient traités avec dignité. »

Aissatou, bénévole du Comité anti-pauvreté

Améliorer l’accès à l’aide sociale

La demande d’aide financière de dernier recours s’est complexifiée. Des améliorations sont à apporter pour rendre le processus plus simple et humain, dans le but de répondre aux besoins des personnes qui déposent une demande à l’aide sociale.

Depuis 2008, le personnel des services individuels de Projet Genèse constate une augmentation importante du nombre de personnes qui nous consultent pour être aidées dans leurs démarches dans l’obtention d’une aide financière de dernier recours. Notre équipe a entrepris de documenter et de dénoncer la déshumanisation en cours des services des centres locaux d’emploi (CLE) qui dispensent les services reliés à l’aide sociale.

En s’alliant à plusieurs autres groupes communautaires qui travaillent en relation avec des personnes assistées sociales, Projet Genèse met de l’avant plusieurs améliorations requises dont le rétablissement d’un contact téléphonique direct entre les prestataires et les agentEs d’aide sociale, la réduction du nombre de documents demandés pour établir l’admissibilité et la possibilité pour les prestataires d’obtenir une rencontre avec unE agentE pour expliquer leur situation.

Campagnes de lettres, demandes de rencontre et actions médiatiques font partie des moyens adoptés par l’équipe pour faire part de nos demandes aux  fonctionnaires et élu-es du Ministère de l’emploi et de la solidarité sociale.

Comité Anti-Pauvreté / Anti-Poverty Committee


Chris

«Lorsque je réfléchis à notre travail, je suis frappé par la force avec laquelle les membres du Comité anti-pauvreté ont porté leurs demandes à l’attention des personnes au pouvoir et du public.

Nos membres ont rencontré les gens du bureau de notre député et ont activement participé aux débats des candidats locaux durant la campagne électorale. Les membres ont aussi fait publier dans un journal leur propre texte d’opinion portant sur une révision du budget provincial.

Ce ne sont là que quelques-unes des actions importantes qui ont été réalisées. Ensemble, elles atteignent un défi plus grand, soit celui de briser le silence autour de la pauvreté dans notre communauté et mettre ce problème au devant et au centre de nos préoccupations.»

Chris, organisateur communautaire à Projet Genèse

Appuyer un tarif social pour le transport en commun

La grande majorité des personnes en situation de pauvreté utilisent les transports en commun pour leurs déplacements. Or, le coût des titres de transport et de l’abonnement mensuel oblige les personnes à prioriser les déplacements strictement nécessaires en transport en commun, comme les visites médicales ou les achats à l’épicerie.

Certaines personnes n’ont d’autres choix que de marcher. L’impossibilité de se déplacer à Montréal freine les personnes dans leurs efforts pour améliorer leur situation économique et sociale. Pour que les personnes puissent participer comme citoyennes et citoyens, sortir de leur isolement, être bénévoles, accéder aux services publics comme les bibliothèques et les centres de recherche d’emploi, nous appuyons une tarification sociale des transports en commun pour les personnes à faible revenu.

Projet Genèse est membre et appuie les campagnes du Mouvement collectif pour un transport public abordable.

Bénévoles du comité anti-pauvreté

« Quand on ne peut se permettre un trajet en bus, on est coincé! »


QU’EST-CE QUE ÇA CHANGE DANS UNE VIE QUE DE NE PAS ÊTRE EN MESURE DE SE PAYER DU TRANSPORT EN COMMUN?

Vers la fin de l’année 2014, la STM a annoncé une hausse dans sa grille tarifaire. Depuis 2004, le coût du passage simple a augmenté de 20% tandis que la CAM mensuelle au tarif ordinaire coûte 40% plus cher. Nous serions surpris d’apprendre que le revenu de l’usager moyen ait connu la même augmentation depuis dix ans. En fait à Montréal, on compte aujourd’hui plus de 400 000 personnes vivant sous le seuil de la pauvreté [1]. Par exemple, le revenu mensuel d’une personne seule sur le bien-être social est de $610 … et elle n’est pas admissible à un tarif réduit! Voilà pourquoi nous sommes contre toute hausse, POINT FINAL!

Avec les hausses de prix, il devient difficile, pour ceux-là même qui n’ont d’autres moyens de transport, de se prévaloir du transport en commun. Quand on ne peut même pas se payer un ticket de bus et qu’on est prestataire de l’aide sociale, on fait face à un obstacle énorme pour se trouver un emploi au-delà de son voisinage immédiat. Pour les personnes vivant dans la pauvreté, il devient difficile de se déplacer vers une banque alimentaire [2], de s’impliquer dans sa communauté ou de faire du bénévolat pour un organisme communautaire dans le but d’acquérir de l’expérience de travail alors que se déplacer pour les services de base et les rendez-vous médicaux, sans parler de participer aux activités culturelles gratuites relèvent du domaine de l’impossible. Les gens ne peuvent pas profiter des aubaines sur les aliments dans les circulaires des épiceries. Quand on ne peut se permettre un trajet en bus, on est coincé!


Lorsque vous ne pouvez pas visiter un parent ou un ami parce que vous ne pouvez pas payer le trajet en bus, mais que votre dignité vous empêche de leur demander d’en défrayer le coût, on risque de ne plus vous inviter.

Comment expliquer les augmentations de tarif annuelles et la réduction des services alors que les dirigeants de la STM voient leur propre salaire augmenter sensiblement (9,4% depuis 2012)?  De toute évidence, les priorités budgétaires de la STM n’ont pas de sens : Pourquoi tant de délais pour offrir du service aux personnes à mobilité réduite?  Pourquoi accorde-t-on une priorité plus élevée aux projets technologiques plutôt qu’à un tarif social pour les personnes à faible revenu?

En tant que membres de Projet Genèse, nous avons décidé de faire partie de la campagne  « Droit de passage », une initiative de différents organismes à but non lucratif de Montréal, qui prend de l’ampleur. C’est Projet PAL, un groupe de Verdun travaillant avec des gens qui avaient beaucoup de mal à se rendre à leurs rendez-vous médicaux en raison du coût du trajet en bus, qui a été un des premiers groupes à soumettre l’idée d’un tarif social.

Nous ne sommes pas en train de rêver en couleurs car le transport abordable ou même gratuit pour certaines catégories de personnes existe … comme par exemple, dans la circonscription de Stephen Harper à Calgary, qui offre un tarif pour les personnes à faible revenu.  Plus près de nous, des municipalités de la Rive-Sud de Montréal offrent du transport gratuit pour tous, d’autres comme Longueuil, offrent le transport gratuit pour les personnes âgées.

Si vous souhaitez rejoindre le Mouvement collectif pour un transport public abordable, veuillez visiter la page FB: https://www.facebook.com/pages/Mouvement-collectif-pour-un-transport-public-abordable/354248271356786

Leroy Wedderburn, Alexander Rudavin, Myrtle Anderson, Lady May, Susan Fitch, Daren Laine

Membres du Comité anti-pauvreté de Projet Genèse

(La version anglaise de cette lettre a été publiée dans The Suburban et le Montreal Gazette).

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[1] Selon Statistique Canada, Recensement de 2006, 413 875 Montréalais vivent dans un ménage à faible revenu (après impôt).

[2] Selon le «Bilan-Faim 2014», 140 706 Montréalais sont aidés chaque mois par Moisson Montréal, l’équivalent de 7,8% des Montréalais.


Pour un tarif social du transport en commun / For a social rate for public transit

Pour un tarif social du transport en commun / For a social rate for public transit

S’opposer à la hausse des tarifs d’Hydro-Québec

Les personnes en situation de pauvreté font souvent face à des choix difficiles lorsque vient le temps de réaliser leur budget. Une de leurs stratégies est de couper le chauffage dans le but de faire diminuer leurs factures d’hydro-électricité. Personne ne devrait vivre dans un appartement glacé par faute de moyens.

C’est pourquoi Projet Genèse a décidé de s’opposer aux plus récentes augmentations d’Hydro-Québec décidées par le gouvernement en se joignant aux actions de la Coalition opposée à  la tarification et la privatisation des services publics.

Lors de la fondation Hydro Québec, le gouvernement avait a inscrit dans la mission de cette société d’état le mandat de fournir aux ménages québécois de l’énergie au plus bas prix possible tout en restant rentable. Quelques années plus tard, le gouvernement a modifié la mission d’Hydro-Québec pour permettre la réalisation de profits importants, une source non négligeable de revenus pour le gouvernement du Québec.

Suite à l’augmentation régulière de ses tarifs, Hydro-Québec dégage actuellement une marge impressionnante de profits aux dépends des consommateurs. De plus, la tarification des services publics est une manière régressive de financer le gouvernement car elle frappe de plein fouet les plus pauvres de notre société.