Appuyer un tarif social pour le transport en commun : Un coup d’oeil

Pour un tarif social du transport en commun / For a social rate for public transit

QU’EST-CE QUE ÇA CHANGE DANS UNE VIE QUE DE NE PAS ÊTRE EN MESURE DE SE PAYER DU TRANSPORT EN COMMUN?

Vers la fin de l’année 2014, la STM a annoncé une hausse dans sa grille tarifaire. Depuis 2004, le coût du passage simple a augmenté de 20% tandis que la CAM mensuelle au tarif ordinaire coûte 40% plus cher. Nous serions surpris d’apprendre que le revenu de l’usager moyen ait connu la même augmentation depuis dix ans. En fait à Montréal, on compte aujourd’hui plus de 400 000 personnes vivant sous le seuil de la pauvreté [1]. Par exemple, le revenu mensuel d’une personne seule sur le bien-être social est de $610 … et elle n’est pas admissible à un tarif réduit! Voilà pourquoi nous sommes contre toute hausse, POINT FINAL!

Pour un tarif social du transport en commun / For a social rate for public transitAvec les hausses de prix, il devient difficile, pour ceux-là même qui n’ont d’autres moyens de transport, de se prévaloir du transport en commun. Quand on ne peut même pas se payer un ticket de bus et qu’on est prestataire de l’aide sociale, on fait face à un obstacle énorme pour se trouver un emploi au-delà de son voisinage immédiat. Pour les personnes vivant dans la pauvreté, il devient difficile de se déplacer vers une banque alimentaire [2], de s’impliquer dans sa communauté ou de faire du bénévolat pour un organisme communautaire dans le but d’acquérir de l’expérience de travail alors que se déplacer pour les services de base et les rendez-vous médicaux, sans parler de participer aux activités culturelles gratuites relèvent du domaine de l’impossible. Les gens ne peuvent pas profiter des aubaines sur les aliments dans les circulaires des épiceries. Quand on ne peut se permettre un trajet en bus, on est coincé!

Lorsque vous ne pouvez pas visiter un parent ou un ami parce que vous ne pouvez pas payer le trajet en bus, mais que votre dignité vous empêche de leur demander d’en défrayer le coût, on risque de ne plus vous inviter.

Comment expliquer les augmentations de tarif annuelles et la réduction des services alors que les dirigeants de la STM voient leur propre salaire augmenter sensiblement (9,4% depuis 2012)?  De toute évidence, les priorités budgétaires de la STM n’ont pas de sens : Pourquoi tant de délais pour offrir du service aux personnes à mobilité réduite?  Pourquoi accorde-t-on une priorité plus élevée aux projets technologiques plutôt qu’à un tarif social pour les personnes à faible revenu?

Pour un tarif social du transport en commun / For a social rate for public transitEn tant que membres de Projet Genèse, nous avons décidé de faire partie de la campagne  « Droit de passage », une initiative de différents organismes à but non lucratif de Montréal, qui prend de l’ampleur. C’est Projet PAL, un groupe de Verdun travaillant avec des gens qui avaient beaucoup de mal à se rendre à leurs rendez-vous médicaux en raison du coût du trajet en bus, qui a été un des premiers groupes à soumettre l’idée d’un tarif social.

Nous ne sommes pas en train de rêver en couleurs car le transport abordable ou même gratuit pour certaines catégories de personnes existe … comme par exemple, dans la circonscription de Stephen Harper à Calgary, qui offre un tarif pour les personnes à faible revenu.  Plus près de nous, des municipalités de la Rive-Sud de Montréal offrent du transport gratuit pour tous, d’autres comme Longueuil, offrent le transport gratuit pour les personnes âgées.

Si vous souhaitez rejoindre le Mouvement collectif pour un transport public abordable, veuillez visiter la page FB: https://www.facebook.com/pages/Mouvement-collectif-pour-un-transport-public-abordable/354248271356786

Leroy Wedderburn, Alexander Rudavin, Myrtle Anderson, Lady May, Susan Fitch, Daren Laine

Membres du Comité anti-pauvreté de Projet Genèse

(La version anglaise de cette lettre a été publiée dans The Suburban et le Montreal Gazette).

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[1] Selon Statistique Canada, Recensement de 2006, 413 875 Montréalais vivent dans un ménage à faible revenu (après impôt).

[2] Selon le «Bilan-Faim 2014», 140 706 Montréalais sont aidés chaque mois par Moisson Montréal, l’équivalent de 7,8% des Montréalais.

 

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