Régie du logement : des locataires poussés à bout

(In French)

24 h – 27 septembre 2011.

24h - Régie du logement - des locataires poussés à boutUne trentaine de locataires ont manifesté, mardi, devant la Régie du logement, afin de dénoncer les délais auxquels ils doivent faire face lorsqu’ils déposent une plainte.

Plusieurs d’entre eux se sont attroupés au centre-ville de Montréal, pour offrir une dégustation d’insectes comestibles aux passants, afin d’illustrer les conditions dans lesquelles certains d’entre eux sont forcés de vivre.

« C’est une approche humoristique, mais efficace pour faire passer notre message », explique Nathalie Rech, membre de Projet Genèse, un organisme qui se porte à la défense des droits des locataires.

Les manifestants se sont rassemblés devant les bureaux de la Régie du logement. (Photo: Éric Bolté)

Les manifestants se sont rassemblés devant les bureaux de la Régie du logement. (Photo: Éric Bolté)

Au centre des reproches des manifestants se trouve le temps de traitement des plaintes jugé trop long, lorsque celles-ci se font contre les propriétaires délinquants.

« Tout comme pour d’autres types de problèmes, les locataires n’ont souvent que la Régie pour faire entendre raison à leur propriétaire et les délais injustes qu’ils doivent subir rendent ce système en grande partie inefficace. Va-t-il falloir que les personnes et les familles vivant dans des logements infestés apprennent à cuisiner leurs bibittes indésirables? », affirme Sheetal Pathak, porte-parole de Projet Genèse.

Selon celle-ci, il faut en moyenne 17 mois pour qu’une plainte d’un locataire soit entendue à la Régie, alors que les propriétaires doivent attendre en moyenne six semaines pour expulser un locataire pour défaut de paiement.

La Régie répond

De son côté, la Régie du logement insiste qu’il n’y a pas de différenciation faite entre les plaintes des locataires et des propriétaires.

« La classification des demandes se fait par degré d’urgence des cas. Les dossiers considérés urgents prennent en moyenne un à deux mois à traiter et ceux qualifiés de prioritaires requièrent autour de huit mois d’attente », assure Jean-Pierre Le Blanc, porte-parole à la Régie.

Celui-ci ajoute que certains délais sont nécessaires aux plaignants pour accumuler assez de preuves pour monter un dossier solide pour défendre leur cause.

Emmanuel Delacour

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